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Assises spécilement constituées-Paris 18 au 21 janvier 2010
Déclarations des gudari Alberto Lopez de la Calle et Mertxe Chivite devant le tribunal d'exception français
PARIS-en, 2010ko Urtarrilaren 18an
Nous ne sommes pas les premiers militant(e)s basques qui passent par cette salle, et malheureusement nous ne serons pas les derniers. Cependant, il y a un point commun à toutes les personnes qui ont occupé vos places. Vous voulez nous faire espagnol(e)s ou français(e)s de force, malgré nous. Même Victor Hugo l'avait dit avant nous. Les Basques ne sont ni espagnol(e)s ni français(e)s, simplement basques.
Nous sommes basques et nous avons notre langue, le basque. Une langue ni meilleure ni pire que le français ou le castillan, mais certainement oui, beaucoup plus ancienne; et surtout, la notre; la langue de notre pays. Une langue, en plus, qui vient d'être reconnue comme appartenant au patrimoine de la République par votre constitution, en tant que « langue régionale», bien sûr, ça ne pouvait pas être d'une autre façon, en compagnie d'autres dénommées comme telles. Le basque, donc, « langue régionale» (entre guillemets) qui a souffert des siècles de ségrégation et mépris.
Au nom de la Liberté, l'Égalité et la Fraternité, depuis la Révolution française de 1789 tout ce qui n'était pas français devait disparaître. Pendant toutes ces décennies, les citoyen(ne)s basques ont dû subir les rouages de l'uniformisation dessinée par les institutions jacobines. Ces institutions se sont particulièrement attachées à détruire par tous les moyens tout ce qui pouvait représenter un caractère distinctif. Tous les subterfuges ont été employés pour faire disparaître la langue basque et des pans entiers de notre identité. L'école républicaine instaurée par Jules Ferry s'est particulièrement acharnée dans cette sale besogne, comme l'attestent les brimades et les humiliations subies par les écoliers du Pays Basque. La lutte contre les langues a été un moyen redoutable de forger la nation française.
Et pourtant, des siècles de jacobinisme et de colonisation n'ont pas réussi à rayer de la carte du monde notre culture, notre langue et notre identité nationale.
Nous sommes aujourd'hui devant vous sous l'accusation de terrorisme. Mot, celui-ci, avec des significations différentes selon la bouche qui le prononce. Des significations complètement différentes dans la bouche de l'oppresseur ou dans celle de l'opprimé(e).
Ils étaient des « terroristes», les membres de la résistance française -d'ailleurs un grand nombre des basques parmi eux- qui luttaient contre le nazisme sous l'occupation de l'Allemagne pendant la guerre 39-45. Il faut vous rappeler que certains d'entre eux ont été jugés dans ce même édifice, qui sait, peut-être dans cette même salle, par des personnes habillées comme vous. Par exemple en 1941 quand un officier allemand a été exécute par un militant communiste, Pierre Puchau, le ministre de l'Intérieur de l'époque, fait voter une loi d'exception pour juger six autres militants. C'était le temps de la dénommée« Section Spéciale ».
Ils étaient des «terroristes», à l'époque, les patriotes algérien(ne)s qui luttaient pour l'indépendance de leur peuple face aux Français.
Même Nelson Mandela était un « terroriste", pour les racistes de l'apartheid. Et plus, même pour les Etats-Unis d'Amérique, car c'est seulement en juin 2008 qu'il a cessé d'être officiellement considéré un « terroriste ».
Aujourd'hui le Président de l'Uruguay et quatre de ses ministres, à l'époque étaient des «terroristes» en tant que membres du Mouvement de Libération National -Tupamaros ... Il y a beaucoup d'autres exemples.
Par contre, il y a juste une année les palestinien(e)s se faisaient massacrer à Gaza avec plus d'un millier de morts -femmes et enfants en grand nombre- par les forces armées sionistes, ce n'était pas du terrorisme et leurs dirigeants ne passeront pas devant un tribunal considérés comme des terroristes.
Si aujourd'hui nous sommes devant vous c'est simplement parce que nous luttons, comme des milliers d'autres Basques l'ont fait avant nous, et d'autres le feront, pour la libération de notre peuple.
Nous ne voulons ni être espagnol(e)s ni être français(e)s, simplement basques, souverains et avec notre propre État.
Au moment où les lois d'exception règnent dans une partie de notre pays, où des dizaines de personnes sont torturées et envoyées en prison accusées d'être militant(e)s d'ETA sans l'être et sans le savoir, simplement parce qu'ils sont des militant(e)s politiques, membres des Comités Pro Amnistie, journalistes, jeunes ou élu(e)s du peuple indépendantistes, nous voulons revendiquer haut et fort notre appartenance à l'organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale Euskadi Ta Askatasuna.
Il y a un certain temps un personnage de la vie publique française, ancien conseiller d'image du Président Mitterrand, a dit que quelqu'un qui arrive à la cinquantaine sans avoir une montre Rolex au poignet avait gâché sa vie.
Nous, tous les deux, nous sommes à cet âge-là. Nous sommes en prison depuis presque six ans après de nombreuses années de clandestinité, et sauf notre amour, nous n'avons rien. Pas de Rolex au poignet; les habits que nous avons c'est notre famille qui les a acheté ...
Certainement vous penserez que nous avons gâché notre vie, et pourtant nous sommes fiers et nous avons la tête très haute. Nous sommes fiers d'avoir donné ce que nous avons pu dans la lutte de libération de notre peuple. Nous sommes fiers d'avoir eu l'opportunité de connaître dans la lutte des camarades extraordinaires, certains d'entre eux très proches, qui ont disparu assassinés par la police espagnole. A tous, connus ou inconnus de nous, notre plus vibrant hommage. Agur eta ohore euskal gudariak !
Enfin, nous voulons vous dire que nous sommes très fiers d'appartenir à l'organisation Euskadi Ta Askatasuna.
Et maintenant nous devons répéter des mots qui, à maintes reprises, ont été dits dans cette même salle par d'autres militant(e)s basques et qui certainement résonnerons d'autres fois tant que l'État français persistera avec sa politique répressive. Vous nous condamnerez, mais vous ne nous jugerez pas, même si comme vous le direz dans quelques jours, ce sera au nom du « peuple français ». C'est une légitimité que simplement nous ne pouvons donner qu'au peuple basque, mais pas à vous.
C'est pour tout cela que nous vous informons que nous ne répondrons pas à vos questions, et encore moins à celles de Mr le Procureur, ainsi que nous refuserons votre interprète d'une langue que n'est pas la nôtre.
Enfin, nous voulons profiter de cette occasion pour transmettre nos salutations les plus chaleureuses à tous ceux et celles qui ont soutenu et soutiennent activement la lutte pour la libération du peuple basque en France et ailleurs. Avant comme militant(e)s et aujourd'hui aussi comme prisonnier(e)s politiques, nous n'oublions pas les faits et gestes de solidarité que nous avons reçus et que nous recevons.
Pour finir, nous voudrions vous dire que depuis notre incarcération, avec toutes et tous les militant(e)s qui sont en prison en relation au conflit, membres d'ETA ou pas, nous faisons partie du Collectif des Prisonnières et Prisonniers Politiques Basques, lequel depuis le 4 janvier dernier a commencé une nouvelle phase de lutte dans toutes les prisons où nous nous trouvons dispersé(e)s dans les États espagnol et français.
Cette semaine nous ne pourrons pas être à coté de nos camarades dans les actions de protestation qui vont se tenir dans les différentes prisons, mais nous voudrions apporter à cette salle les revendications de notre Collectif.
Bien sûr, nous avons comme but l'amnistie, étroitement lié au droit d'autodétermination de notre peuple, mais nous demandons l'arrêt de la dispersion et notre regroupement dans les prisons du Pays Basque, ainsi que la reconnaissance du statut de prisonnier(e) politique. Et concrètement: -Nous demandons que les camarades atteint(e)s de maladies graves soient immédiatement libéré(e)s.
-Nous demandons que les camarades qui ont accompli les peines qui avaient été prononcées contre eux en leur temps soient immédiatement libéré(e)s.
-Nous demandons que les camarades qui ont droit à une libération conditionnelle soient immédiatement Iibéré(e)s.
-Nous demandons que les camarades qui se trouvent isolés soient immédiatement regroupés avec d'autres.
Et aujourd'hui, 18 janvier 2010 nous voulons poser une question ... OÙ EST JON ANZA ?
Aujourd'hui ça fait 9 mois, jour pour jour, depuis la disparition de Jon Anza. Jon a disparu quand il prenait le train à Bayonne destination Toulouse. La police savait qu'il était militant d'ETA, car elle avait retrouvé ses empreintes dans une cache de l'organisation.
Le 2 octobre 2009, dans un article paru dans le journal basque « Gara», et affirmant disposer d'une source sûre et proche des enquêteurs, il a été publié que Jon a été kidnappé, torturé, assassiné et enterré en France par la police.
L'assassinat de Jon est de la responsabilité exclusive des appareils de répression des États espagnol et français.
Ils ont conçu la guerre sale, engagé des mercenaires en utilisant différents noms, soit « BVE», «Triple A », « GAL» ou autres, ont torturé et assassiné des militant(e)s basques.
Nous-voulons-rappeler-que-plusieurs généraux de la garde civile, un secrétaire d'état à la sécurité et un ministre de l'Intérieur ont été jugés coupables dans l'affaire « GAL ». Mais leur détention sera de courte durée. Même un ex-premier ministre espagnol est impliqué sans qu'il n'y ait jamais eu de condamnation. A ça aussi on l'appelle justice! Le cas de Jon a d'énormes points communs avec d'autres cas très connus en Euskal Herria (Pays Basque). On parle des militant(e)s indépendantistes basques qui ont disparu soit sur le territoire français soit sur le territoire du Pays Basque toujours sous la domination de l'État français.
On va citer les disparitions le plus connues: Popo Larre en août 1983 et Joxe Lasa et Joxean Zabala en décembre de la même année.
La disparition de Popo Larre est survenue à Léon, dans les Landes. Une fusillade éclate entre militants d'Iparretarrak dont Popo, et membres de la Gendarmerie. Lors de l'échange de coups de feu, Popo fuit dans la forêt et, à partir de ce moment-là, plus de nouvelles.
Lasa et Zabala ont été enlevés à Bayonne. Pendant dix ans il n'y a pas eu un signe de vie. En mars 1995, à la morgue d'Alacant (dans le Pays Catalan) on a identifié les corps de deux hommes qu'on avait retrouvé dans un champ où leurs cadavres avaient été recouverts de chaux vive. L'autopsie confirmera leur torture: des ongles arrachés, des tiges d'acier enfoncées dans les gencives, des coups portés par des barres de fer et pour en finir, une balle dans la nuque.
Malheureusement, au jour d'aujourd'hui, le terrorisme d'état continue à être d'actualité:
*Le 11/12/08 Juan Mari Mujika, réfugié politique basque a été séquestré par des policiers espagnols se faisant passer pour des policiers français à Donapaleu (Saint Palais), petit village de la Basse Navarre. Ils l'ont amené en forêt où il a été menacé et ils ont fait pression pour qu'il collabore avec eux.
*Le 19/05/09 Lander Fernandez, ex-prisonnier politique basque a été amené de force dans une voiture par des personnes s'identifiant comme agents de la police autonomique basque. Lui aussi il a été menacé et ils lui ont demandé de collaborer avec eux sous menace d'être à nouveau incarcéré. Il a refusé et il a été persécuté deux fois de plus. La troisième fois il a été tabassé. Après sa dénonciation publique il a été arrête et incarcéré. Maintenant il se trouve en liberté provisoire.
*En juillet 2009 Alain Berastegi, ex-prisonnier politique basque a été séquestré par des policiers espagnols qui lui demandent de collaborer avec eux. Il a été amené en forêt pendant 7 heures où il a été torturé.
Et ça continue.
De nouveaux cas d'enlèvements et pression pour collaborer sont toujours d'actualité.
Comme on vient de le signaler, les gouvernements français et espagnol sont les seuls responsables de la disparition et assassinat de Jon Anza. Ils devront répondre à cles questions:
Qu'avez-vous fait de Jon? Où est Jon? Non da Jon?
Vous pouvez nous arrêter, torturer et assassiner, mais il y aura toujours quelqu'un pour reprendre le flambeau.
La résistance, la lutte continue. Les politiques menées en Euskal Herria et toutes ces actions répressives, n'arriveront pas à anéantir la résistance, ni a dissimuler les conséquences du conflit existant.
Notre Jour viendra, le jour où notre Peuple sera LIBRE!
Irabaziko dugu !
201Oko Urtarrilaren 21ean
Pendant ces jours nous avons eu l'opportunité d'entendrer beaucoup de chiffres.
Malheureusement il en manque d'autres que n'ont pas été pas évoqués. Surtout il manque les chiffres de la répression.
Nous appartenons à un petit peuple qui s'étend des deux côtes de la rivière Bidasoa avec un peu moins de 3 millions d'habitants et 21.000 Km2 (20.947,2 km2). Il est composé de 7 provinces et 685 mairies.
A ce jour, une marque juridico-politique nous a été imposée autant par les Français que par les Espagnols, qui nous fragmente en trois parties, sans que notre peuple puisse s'exprimer à ce sujet. D'une part, il y a la Communauté Autonome Basque et la Communauté Autonome de la Navarre, toutes les deux fruit de la Constitution espagnole de 1978, qui a été rejetée au Pays Basque. De l'autre, sans aucune reconnaissance officielle, les provinces de la Soule, la Basse Navarre et le Labourd.
La négation des droits dont a souffert Euskal Herria (le Pays Basque) et la négation dont ont souffert les citoyen(ne)s basques comme sujet de droit, a été à l'origine d'un conflit pendant des siècles. Le conflit n'a pas comme origine la naissance d'ET A en 1959, comme souvent ils veulent nous le faire croire, ni la naissance du nationalisme classique à la fin de XIX siècle. Par contre, nous voilà devant un conflit de caractère politique, historique et international; un conflit entre deux états membres de l'Union Européenne et une nation sans état, qui à ce jour, bien que les siècles se soient passés, continue sans se résoudre.
Vous avez pu apprendre les conséquences de l'activité armée de notre organisation pendant ce dernier demi-siècle. Conséquences très lourdes en vies humains, comme dans tout affrontement armé au monde qui perdure dans le temps, devant lesquelles personne ne peut rester insensible.
Ils veulent nous présenter comme de cruels assassin(e)s avides de sang, et pourtant dans toute l'histoire de notre organisation nous avons toujours essayé d'épargner les personnes qui n'avaient rien à voir avec le conflit.
Bien sûr, dans ces décennies nous avons fait des erreurs avec des conséquences très graves, et comme telles ont été assumées par ET A. Nous ne cesserons jamais de les regretter. Mais chaque partie doit assumer sa responsabilité quand, par exemple, on a fait aucun cas des avertissements faits par ET A à maintes reprises depuis 1980 pour que les civils quittent les casernes des forces armées espagnoles une fois désignés objectifs militaires par celui-là. '
Dans d'autres cas, les autorités politiques espagnoles on fait la sourde oreille aux avertissements faits aussi à maintes reprises sur l'emplacement des engins explosifs pour chercher volontairement la mort de civils, et pouvoir l'utiliser par la suite, de façon obscène, dans la lutte contre notre organisation.
Vous connaissez, donc, quelques chiffres, mais certainement pas d'autres. Ceux-ci sont plus difficiles à trouver. Par exemple, après de nombreuses années d'investigation, il n'y a pas très longtemps on a pu savoir qu'entre 1936 et 40 :
-6.018 citoyen(ne)s basques ont été fusillés.
-7.000 soldats basques sont morts
-II y a eu 55.000 arrestations.
-70.000 personnes ont dû se réfugier dans d'autres pays.
-Seulement en Navarre, où le coup d'État fasciste a triomphé dès le premier jour, où donc il n'y a pas eu d'affrontements armés, plus de 3.000 personnes ont été fusillées.
Et la violence répressive a continué pendant les nombreuses années du franquisme. Des citoyen(ne)s basques morts à la rue, fusillé(e)s, blessé(e)s, torturé(e)s, matraqué(e)s ... pendant « les 40 années de paix» disaient les fascistes ...
Après la mort de Franco en 1975 jusqu'à nos jours, près de 400 citoyen(ne)s basques sont morts pour diverses raisons. Exécutions extrajudiciaires, mitraillé(e)s aux barrages sur les routes par la police espagnole, assassiné(e)s par la guerre sale, dans des manifestations, en prison, en exile ... Des centaines et des-centaines de blessé(e)s par des coups ou des balles en caoutchouc ...Il y a eu plus de 35.000 arrestations avec des milliers de dénonciations de tortures. Il y a eu plus de 4.000 prisonnier(e)s; 4 moyens d'information fermés de force; 8 organisations politiques illégalisées. Le peuple basque a payé aussi très chère sa lutte pour la liberté.
A ce jour nous sommes 752 prisonnières et prisonniers politiques basques dispersés dans 89 prisons différentes. Seulement 7 d'entre nous se trouvent dans une prison du Pays Basque.
Les basques, nous avons 25 prisonnier(e)s politiques par 100.000 habitants. Un par 3500 Basques se trouve en prison pour des raisons politiques. Un par 1300 est en exile pour les mêmes raisons.
Pour se rendre au parloir chaque famille doit parcourir en moyenne 1223km et doit payer en moyenne aussi 378 euros par semaine. Par année nos familles doivent parcourir dans l'ensemble plus de 47 millions de kilomètres. Presque 120 tours du monde de Phileas Fogg. Le coût économique général est de 14 700 450.96 euros. Comme la dispersion a été mise en place depuis 20 ans, dans ce délai nos familles et nos proches ont dû débourser à peu près 300 millions d'euros. Bien sûr, ce chiffre n'est pas considéré comme« extorsion en bande organisée ».
Mais, en plus du coût économique, il y a aussi un coût humain. Il y a 20 ans que la politique de dispersion a été mise en place par l'État espagnol, suivie après par l'État français. Pendant ces 20 ans:
-22, c'est le nombre de prisonnier(e)s politiques basques morts dans leurs prisons.
-16, c'est le nombre de nos proches morts dû aux accidents survenus sur la route quand ils se rendaient aux différents parloirs pour nous rendre visite.
-Il y a eu plus de 400 personnes blessées dans les nombreux accidents produits sur la route pour les mêmes raisons.
-Il y a eu plus de 300 accidents sur les routes des états espagnol et français.
Et nous devons encore continuer avec d'autres chiffres. Pour l'État français le conflit basque est un simple problème de l'État espagnol, mais depuis les années 80 :
-II ya eu l'arrestation de plus de 3.000 personnes en relation avec ce conflit.
-2 prisonnier(e)s politiques basques, Oihane Errazkin et Pello Marinelarena, et le citoyen breton solidaire avec les basques Jean Groix, sont morts dans les prisons de l'Hexagone. À ces noms il faut ajouter Juan Jose Etxabe et Jean Louis Maitia, morts juste après avoir quitté les prisons françaises, où leurs maladies se sont aggravées.
-Avec la collaboration du gouvernement français, le GAL, organisation mise en place par les autorités espagnoles, a assassiné 27 personnes et a blessé des dizaines d'autres.
-L'État français a fait disparaître le militant de l'organisation Iparretarrak Popo Larre et certainement a collaboré dans la disparition de notre camarade Jon Anza.
-5 militants de l'organisation Iparretarrak sont morts pendant ce temps.
-Près de 300 réfugié(e)s politiques basques ont été expulsés et la plus part a été torturé(e) par la suite.
-57 réfugié(e)s ont été déporté(e)s vers d'autres pays.
-II y a eu plus d'une centaine d'extraditions.
-À ce jour nous,168 prisonnières et prisonniers politiques basques, nous trouvons dispersés dans 32 prisons différentes de l'État français. Aucun d'entre nous ne se trouve à moins de 200 km du Pays Basque.
Il faut vous dire que depuis un certain temps les mesures d'exception se multiplient, non seulement pour les prisonnières et prisonniers politiques basques, mais aussi pour nos familles et amis qui viennent nous visiter semaine après semaine après avoir fait des milliers de kilomètres. La dernière, c'est l'introduction des fouilles au corps, parfois mis à nu, pour les visiteurs dans l'État espagnol, raison pour laquelle un grand nombre de visites n'ont pas pu se réaliser, les familles refusant un traitement dégradant. Comme Collectif nous n'admettrons pas ce traitement inconvenant et nous demandons des visites dans des conditions appropriées. Nous ne laisserons pas vider de leur contenu les droits qui ont été conquis de haute lutte au cours de longues décennies.
Comme Collectif nous constatons que nous, les prisonnier(e)s politiques, continuons à être soumis à l'oppression des États, dans le but de conditionner le processus de libération nationale. Ainsi, plus de 50 prisonnier(e)s, qui ont déjà accompli leur peine, continuent en prison après l'application de la dénommée «doctrine Parot », qui consiste à ajouter une peine supplémentaire de dix années. Plus d'une centaine de camarades continuent en prison quand ils devraient être en liberté conditionnelle. Le maintien en détention des prisonnier(e)s atteints de maladies graves continue. Nous demandons qu'ils et elles soient immédiatement Iibéré(e)s.
Une solution est possible pour résoudre ce conflit qui perdure depuis des décennies. En plus, cette solution est totalement démocratique. Il s'agit avant tout de rétablir la justice en Pays Basque, de construire la paix en reconnaissant les droits du Peuple basque. Laissez-lui s'exprimer démocratiquement à ce sujet! Respectez la décision et la volonté exprimée par notre peuple! L'organisation Euskadi Ta Askatasuna a toujours eu, a et aura, la main ouverte pour une solution dialoguée qui déclencherait un vrai processus démocratique.
GORA EUSKAL HERRIA ASKATUTA ! GORA EUSKAL HERRIA SOZIALIST A !
Nous ne sommes pas les premiers militant(e)s basques qui passent par cette salle, et malheureusement nous ne serons pas les derniers. Cependant, il y a un point commun à toutes les personnes qui ont occupé vos places. Vous voulez nous faire espagnol(e)s ou français(e)s de force, malgré nous. Même Victor Hugo l'avait dit avant nous. Les Basques ne sont ni espagnol(e)s ni français(e)s, simplement basques.
Nous sommes basques et nous avons notre langue, le basque. Une langue ni meilleure ni pire que le français ou le castillan, mais certainement oui, beaucoup plus ancienne; et surtout, la notre; la langue de notre pays. Une langue, en plus, qui vient d'être reconnue comme appartenant au patrimoine de la République par votre constitution, en tant que « langue régionale», bien sûr, ça ne pouvait pas être d'une autre façon, en compagnie d'autres dénommées comme telles. Le basque, donc, « langue régionale» (entre guillemets) qui a souffert des siècles de ségrégation et mépris.
Au nom de la Liberté, l'Égalité et la Fraternité, depuis la Révolution française de 1789 tout ce qui n'était pas français devait disparaître. Pendant toutes ces décennies, les citoyen(ne)s basques ont dû subir les rouages de l'uniformisation dessinée par les institutions jacobines. Ces institutions se sont particulièrement attachées à détruire par tous les moyens tout ce qui pouvait représenter un caractère distinctif. Tous les subterfuges ont été employés pour faire disparaître la langue basque et des pans entiers de notre identité. L'école républicaine instaurée par Jules Ferry s'est particulièrement acharnée dans cette sale besogne, comme l'attestent les brimades et les humiliations subies par les écoliers du Pays Basque. La lutte contre les langues a été un moyen redoutable de forger la nation française.
Et pourtant, des siècles de jacobinisme et de colonisation n'ont pas réussi à rayer de la carte du monde notre culture, notre langue et notre identité nationale.
Nous sommes aujourd'hui devant vous sous l'accusation de terrorisme. Mot, celui-ci, avec des significations différentes selon la bouche qui le prononce. Des significations complètement différentes dans la bouche de l'oppresseur ou dans celle de l'opprimé(e).
Ils étaient des « terroristes», les membres de la résistance française -d'ailleurs un grand nombre des basques parmi eux- qui luttaient contre le nazisme sous l'occupation de l'Allemagne pendant la guerre 39-45. Il faut vous rappeler que certains d'entre eux ont été jugés dans ce même édifice, qui sait, peut-être dans cette même salle, par des personnes habillées comme vous. Par exemple en 1941 quand un officier allemand a été exécute par un militant communiste, Pierre Puchau, le ministre de l'Intérieur de l'époque, fait voter une loi d'exception pour juger six autres militants. C'était le temps de la dénommée« Section Spéciale ».
Ils étaient des «terroristes», à l'époque, les patriotes algérien(ne)s qui luttaient pour l'indépendance de leur peuple face aux Français.
Même Nelson Mandela était un « terroriste", pour les racistes de l'apartheid. Et plus, même pour les Etats-Unis d'Amérique, car c'est seulement en juin 2008 qu'il a cessé d'être officiellement considéré un « terroriste ».
Aujourd'hui le Président de l'Uruguay et quatre de ses ministres, à l'époque étaient des «terroristes» en tant que membres du Mouvement de Libération National -Tupamaros ... Il y a beaucoup d'autres exemples.
Par contre, il y a juste une année les palestinien(e)s se faisaient massacrer à Gaza avec plus d'un millier de morts -femmes et enfants en grand nombre- par les forces armées sionistes, ce n'était pas du terrorisme et leurs dirigeants ne passeront pas devant un tribunal considérés comme des terroristes.
Si aujourd'hui nous sommes devant vous c'est simplement parce que nous luttons, comme des milliers d'autres Basques l'ont fait avant nous, et d'autres le feront, pour la libération de notre peuple.
Nous ne voulons ni être espagnol(e)s ni être français(e)s, simplement basques, souverains et avec notre propre État.
Au moment où les lois d'exception règnent dans une partie de notre pays, où des dizaines de personnes sont torturées et envoyées en prison accusées d'être militant(e)s d'ETA sans l'être et sans le savoir, simplement parce qu'ils sont des militant(e)s politiques, membres des Comités Pro Amnistie, journalistes, jeunes ou élu(e)s du peuple indépendantistes, nous voulons revendiquer haut et fort notre appartenance à l'organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale Euskadi Ta Askatasuna.
Il y a un certain temps un personnage de la vie publique française, ancien conseiller d'image du Président Mitterrand, a dit que quelqu'un qui arrive à la cinquantaine sans avoir une montre Rolex au poignet avait gâché sa vie.
Nous, tous les deux, nous sommes à cet âge-là. Nous sommes en prison depuis presque six ans après de nombreuses années de clandestinité, et sauf notre amour, nous n'avons rien. Pas de Rolex au poignet; les habits que nous avons c'est notre famille qui les a acheté ...
Certainement vous penserez que nous avons gâché notre vie, et pourtant nous sommes fiers et nous avons la tête très haute. Nous sommes fiers d'avoir donné ce que nous avons pu dans la lutte de libération de notre peuple. Nous sommes fiers d'avoir eu l'opportunité de connaître dans la lutte des camarades extraordinaires, certains d'entre eux très proches, qui ont disparu assassinés par la police espagnole. A tous, connus ou inconnus de nous, notre plus vibrant hommage. Agur eta ohore euskal gudariak !
Enfin, nous voulons vous dire que nous sommes très fiers d'appartenir à l'organisation Euskadi Ta Askatasuna.
Et maintenant nous devons répéter des mots qui, à maintes reprises, ont été dits dans cette même salle par d'autres militant(e)s basques et qui certainement résonnerons d'autres fois tant que l'État français persistera avec sa politique répressive. Vous nous condamnerez, mais vous ne nous jugerez pas, même si comme vous le direz dans quelques jours, ce sera au nom du « peuple français ». C'est une légitimité que simplement nous ne pouvons donner qu'au peuple basque, mais pas à vous.
C'est pour tout cela que nous vous informons que nous ne répondrons pas à vos questions, et encore moins à celles de Mr le Procureur, ainsi que nous refuserons votre interprète d'une langue que n'est pas la nôtre.
Enfin, nous voulons profiter de cette occasion pour transmettre nos salutations les plus chaleureuses à tous ceux et celles qui ont soutenu et soutiennent activement la lutte pour la libération du peuple basque en France et ailleurs. Avant comme militant(e)s et aujourd'hui aussi comme prisonnier(e)s politiques, nous n'oublions pas les faits et gestes de solidarité que nous avons reçus et que nous recevons.
Pour finir, nous voudrions vous dire que depuis notre incarcération, avec toutes et tous les militant(e)s qui sont en prison en relation au conflit, membres d'ETA ou pas, nous faisons partie du Collectif des Prisonnières et Prisonniers Politiques Basques, lequel depuis le 4 janvier dernier a commencé une nouvelle phase de lutte dans toutes les prisons où nous nous trouvons dispersé(e)s dans les États espagnol et français.
Cette semaine nous ne pourrons pas être à coté de nos camarades dans les actions de protestation qui vont se tenir dans les différentes prisons, mais nous voudrions apporter à cette salle les revendications de notre Collectif.
Bien sûr, nous avons comme but l'amnistie, étroitement lié au droit d'autodétermination de notre peuple, mais nous demandons l'arrêt de la dispersion et notre regroupement dans les prisons du Pays Basque, ainsi que la reconnaissance du statut de prisonnier(e) politique. Et concrètement: -Nous demandons que les camarades atteint(e)s de maladies graves soient immédiatement libéré(e)s.
-Nous demandons que les camarades qui ont accompli les peines qui avaient été prononcées contre eux en leur temps soient immédiatement libéré(e)s.
-Nous demandons que les camarades qui ont droit à une libération conditionnelle soient immédiatement Iibéré(e)s.
-Nous demandons que les camarades qui se trouvent isolés soient immédiatement regroupés avec d'autres.
Et aujourd'hui, 18 janvier 2010 nous voulons poser une question ... OÙ EST JON ANZA ?
Aujourd'hui ça fait 9 mois, jour pour jour, depuis la disparition de Jon Anza. Jon a disparu quand il prenait le train à Bayonne destination Toulouse. La police savait qu'il était militant d'ETA, car elle avait retrouvé ses empreintes dans une cache de l'organisation.
Le 2 octobre 2009, dans un article paru dans le journal basque « Gara», et affirmant disposer d'une source sûre et proche des enquêteurs, il a été publié que Jon a été kidnappé, torturé, assassiné et enterré en France par la police.
L'assassinat de Jon est de la responsabilité exclusive des appareils de répression des États espagnol et français.
Ils ont conçu la guerre sale, engagé des mercenaires en utilisant différents noms, soit « BVE», «Triple A », « GAL» ou autres, ont torturé et assassiné des militant(e)s basques.
Nous-voulons-rappeler-que-plusieurs généraux de la garde civile, un secrétaire d'état à la sécurité et un ministre de l'Intérieur ont été jugés coupables dans l'affaire « GAL ». Mais leur détention sera de courte durée. Même un ex-premier ministre espagnol est impliqué sans qu'il n'y ait jamais eu de condamnation. A ça aussi on l'appelle justice! Le cas de Jon a d'énormes points communs avec d'autres cas très connus en Euskal Herria (Pays Basque). On parle des militant(e)s indépendantistes basques qui ont disparu soit sur le territoire français soit sur le territoire du Pays Basque toujours sous la domination de l'État français.
On va citer les disparitions le plus connues: Popo Larre en août 1983 et Joxe Lasa et Joxean Zabala en décembre de la même année.
La disparition de Popo Larre est survenue à Léon, dans les Landes. Une fusillade éclate entre militants d'Iparretarrak dont Popo, et membres de la Gendarmerie. Lors de l'échange de coups de feu, Popo fuit dans la forêt et, à partir de ce moment-là, plus de nouvelles.
Lasa et Zabala ont été enlevés à Bayonne. Pendant dix ans il n'y a pas eu un signe de vie. En mars 1995, à la morgue d'Alacant (dans le Pays Catalan) on a identifié les corps de deux hommes qu'on avait retrouvé dans un champ où leurs cadavres avaient été recouverts de chaux vive. L'autopsie confirmera leur torture: des ongles arrachés, des tiges d'acier enfoncées dans les gencives, des coups portés par des barres de fer et pour en finir, une balle dans la nuque.
Malheureusement, au jour d'aujourd'hui, le terrorisme d'état continue à être d'actualité:
*Le 11/12/08 Juan Mari Mujika, réfugié politique basque a été séquestré par des policiers espagnols se faisant passer pour des policiers français à Donapaleu (Saint Palais), petit village de la Basse Navarre. Ils l'ont amené en forêt où il a été menacé et ils ont fait pression pour qu'il collabore avec eux.
*Le 19/05/09 Lander Fernandez, ex-prisonnier politique basque a été amené de force dans une voiture par des personnes s'identifiant comme agents de la police autonomique basque. Lui aussi il a été menacé et ils lui ont demandé de collaborer avec eux sous menace d'être à nouveau incarcéré. Il a refusé et il a été persécuté deux fois de plus. La troisième fois il a été tabassé. Après sa dénonciation publique il a été arrête et incarcéré. Maintenant il se trouve en liberté provisoire.
*En juillet 2009 Alain Berastegi, ex-prisonnier politique basque a été séquestré par des policiers espagnols qui lui demandent de collaborer avec eux. Il a été amené en forêt pendant 7 heures où il a été torturé.
Et ça continue.
De nouveaux cas d'enlèvements et pression pour collaborer sont toujours d'actualité.
Comme on vient de le signaler, les gouvernements français et espagnol sont les seuls responsables de la disparition et assassinat de Jon Anza. Ils devront répondre à cles questions:
Qu'avez-vous fait de Jon? Où est Jon? Non da Jon?
Vous pouvez nous arrêter, torturer et assassiner, mais il y aura toujours quelqu'un pour reprendre le flambeau.
La résistance, la lutte continue. Les politiques menées en Euskal Herria et toutes ces actions répressives, n'arriveront pas à anéantir la résistance, ni a dissimuler les conséquences du conflit existant.
Notre Jour viendra, le jour où notre Peuple sera LIBRE!
Irabaziko dugu !
201Oko Urtarrilaren 21ean
Pendant ces jours nous avons eu l'opportunité d'entendrer beaucoup de chiffres.
Malheureusement il en manque d'autres que n'ont pas été pas évoqués. Surtout il manque les chiffres de la répression.
Nous appartenons à un petit peuple qui s'étend des deux côtes de la rivière Bidasoa avec un peu moins de 3 millions d'habitants et 21.000 Km2 (20.947,2 km2). Il est composé de 7 provinces et 685 mairies.
A ce jour, une marque juridico-politique nous a été imposée autant par les Français que par les Espagnols, qui nous fragmente en trois parties, sans que notre peuple puisse s'exprimer à ce sujet. D'une part, il y a la Communauté Autonome Basque et la Communauté Autonome de la Navarre, toutes les deux fruit de la Constitution espagnole de 1978, qui a été rejetée au Pays Basque. De l'autre, sans aucune reconnaissance officielle, les provinces de la Soule, la Basse Navarre et le Labourd.
La négation des droits dont a souffert Euskal Herria (le Pays Basque) et la négation dont ont souffert les citoyen(ne)s basques comme sujet de droit, a été à l'origine d'un conflit pendant des siècles. Le conflit n'a pas comme origine la naissance d'ET A en 1959, comme souvent ils veulent nous le faire croire, ni la naissance du nationalisme classique à la fin de XIX siècle. Par contre, nous voilà devant un conflit de caractère politique, historique et international; un conflit entre deux états membres de l'Union Européenne et une nation sans état, qui à ce jour, bien que les siècles se soient passés, continue sans se résoudre.
Vous avez pu apprendre les conséquences de l'activité armée de notre organisation pendant ce dernier demi-siècle. Conséquences très lourdes en vies humains, comme dans tout affrontement armé au monde qui perdure dans le temps, devant lesquelles personne ne peut rester insensible.
Ils veulent nous présenter comme de cruels assassin(e)s avides de sang, et pourtant dans toute l'histoire de notre organisation nous avons toujours essayé d'épargner les personnes qui n'avaient rien à voir avec le conflit.
Bien sûr, dans ces décennies nous avons fait des erreurs avec des conséquences très graves, et comme telles ont été assumées par ET A. Nous ne cesserons jamais de les regretter. Mais chaque partie doit assumer sa responsabilité quand, par exemple, on a fait aucun cas des avertissements faits par ET A à maintes reprises depuis 1980 pour que les civils quittent les casernes des forces armées espagnoles une fois désignés objectifs militaires par celui-là. '
Dans d'autres cas, les autorités politiques espagnoles on fait la sourde oreille aux avertissements faits aussi à maintes reprises sur l'emplacement des engins explosifs pour chercher volontairement la mort de civils, et pouvoir l'utiliser par la suite, de façon obscène, dans la lutte contre notre organisation.
Vous connaissez, donc, quelques chiffres, mais certainement pas d'autres. Ceux-ci sont plus difficiles à trouver. Par exemple, après de nombreuses années d'investigation, il n'y a pas très longtemps on a pu savoir qu'entre 1936 et 40 :
-6.018 citoyen(ne)s basques ont été fusillés.
-7.000 soldats basques sont morts
-II y a eu 55.000 arrestations.
-70.000 personnes ont dû se réfugier dans d'autres pays.
-Seulement en Navarre, où le coup d'État fasciste a triomphé dès le premier jour, où donc il n'y a pas eu d'affrontements armés, plus de 3.000 personnes ont été fusillées.
Et la violence répressive a continué pendant les nombreuses années du franquisme. Des citoyen(ne)s basques morts à la rue, fusillé(e)s, blessé(e)s, torturé(e)s, matraqué(e)s ... pendant « les 40 années de paix» disaient les fascistes ...
Après la mort de Franco en 1975 jusqu'à nos jours, près de 400 citoyen(ne)s basques sont morts pour diverses raisons. Exécutions extrajudiciaires, mitraillé(e)s aux barrages sur les routes par la police espagnole, assassiné(e)s par la guerre sale, dans des manifestations, en prison, en exile ... Des centaines et des-centaines de blessé(e)s par des coups ou des balles en caoutchouc ...Il y a eu plus de 35.000 arrestations avec des milliers de dénonciations de tortures. Il y a eu plus de 4.000 prisonnier(e)s; 4 moyens d'information fermés de force; 8 organisations politiques illégalisées. Le peuple basque a payé aussi très chère sa lutte pour la liberté.
A ce jour nous sommes 752 prisonnières et prisonniers politiques basques dispersés dans 89 prisons différentes. Seulement 7 d'entre nous se trouvent dans une prison du Pays Basque.
Les basques, nous avons 25 prisonnier(e)s politiques par 100.000 habitants. Un par 3500 Basques se trouve en prison pour des raisons politiques. Un par 1300 est en exile pour les mêmes raisons.
Pour se rendre au parloir chaque famille doit parcourir en moyenne 1223km et doit payer en moyenne aussi 378 euros par semaine. Par année nos familles doivent parcourir dans l'ensemble plus de 47 millions de kilomètres. Presque 120 tours du monde de Phileas Fogg. Le coût économique général est de 14 700 450.96 euros. Comme la dispersion a été mise en place depuis 20 ans, dans ce délai nos familles et nos proches ont dû débourser à peu près 300 millions d'euros. Bien sûr, ce chiffre n'est pas considéré comme« extorsion en bande organisée ».
Mais, en plus du coût économique, il y a aussi un coût humain. Il y a 20 ans que la politique de dispersion a été mise en place par l'État espagnol, suivie après par l'État français. Pendant ces 20 ans:
-22, c'est le nombre de prisonnier(e)s politiques basques morts dans leurs prisons.
-16, c'est le nombre de nos proches morts dû aux accidents survenus sur la route quand ils se rendaient aux différents parloirs pour nous rendre visite.
-Il y a eu plus de 400 personnes blessées dans les nombreux accidents produits sur la route pour les mêmes raisons.
-Il y a eu plus de 300 accidents sur les routes des états espagnol et français.
Et nous devons encore continuer avec d'autres chiffres. Pour l'État français le conflit basque est un simple problème de l'État espagnol, mais depuis les années 80 :
-II ya eu l'arrestation de plus de 3.000 personnes en relation avec ce conflit.
-2 prisonnier(e)s politiques basques, Oihane Errazkin et Pello Marinelarena, et le citoyen breton solidaire avec les basques Jean Groix, sont morts dans les prisons de l'Hexagone. À ces noms il faut ajouter Juan Jose Etxabe et Jean Louis Maitia, morts juste après avoir quitté les prisons françaises, où leurs maladies se sont aggravées.
-Avec la collaboration du gouvernement français, le GAL, organisation mise en place par les autorités espagnoles, a assassiné 27 personnes et a blessé des dizaines d'autres.
-L'État français a fait disparaître le militant de l'organisation Iparretarrak Popo Larre et certainement a collaboré dans la disparition de notre camarade Jon Anza.
-5 militants de l'organisation Iparretarrak sont morts pendant ce temps.
-Près de 300 réfugié(e)s politiques basques ont été expulsés et la plus part a été torturé(e) par la suite.
-57 réfugié(e)s ont été déporté(e)s vers d'autres pays.
-II y a eu plus d'une centaine d'extraditions.
-À ce jour nous,168 prisonnières et prisonniers politiques basques, nous trouvons dispersés dans 32 prisons différentes de l'État français. Aucun d'entre nous ne se trouve à moins de 200 km du Pays Basque.
Il faut vous dire que depuis un certain temps les mesures d'exception se multiplient, non seulement pour les prisonnières et prisonniers politiques basques, mais aussi pour nos familles et amis qui viennent nous visiter semaine après semaine après avoir fait des milliers de kilomètres. La dernière, c'est l'introduction des fouilles au corps, parfois mis à nu, pour les visiteurs dans l'État espagnol, raison pour laquelle un grand nombre de visites n'ont pas pu se réaliser, les familles refusant un traitement dégradant. Comme Collectif nous n'admettrons pas ce traitement inconvenant et nous demandons des visites dans des conditions appropriées. Nous ne laisserons pas vider de leur contenu les droits qui ont été conquis de haute lutte au cours de longues décennies.
Comme Collectif nous constatons que nous, les prisonnier(e)s politiques, continuons à être soumis à l'oppression des États, dans le but de conditionner le processus de libération nationale. Ainsi, plus de 50 prisonnier(e)s, qui ont déjà accompli leur peine, continuent en prison après l'application de la dénommée «doctrine Parot », qui consiste à ajouter une peine supplémentaire de dix années. Plus d'une centaine de camarades continuent en prison quand ils devraient être en liberté conditionnelle. Le maintien en détention des prisonnier(e)s atteints de maladies graves continue. Nous demandons qu'ils et elles soient immédiatement Iibéré(e)s.
Une solution est possible pour résoudre ce conflit qui perdure depuis des décennies. En plus, cette solution est totalement démocratique. Il s'agit avant tout de rétablir la justice en Pays Basque, de construire la paix en reconnaissant les droits du Peuple basque. Laissez-lui s'exprimer démocratiquement à ce sujet! Respectez la décision et la volonté exprimée par notre peuple! L'organisation Euskadi Ta Askatasuna a toujours eu, a et aura, la main ouverte pour une solution dialoguée qui déclencherait un vrai processus démocratique.
GORA EUSKAL HERRIA ASKATUTA ! GORA EUSKAL HERRIA SOZIALIST A !
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